
Patrimoine : le mot renvoie vers l'immobilité apparente, l'hiératisme des vieilles pierres. Il enclot pourtant le flux de toutes les influences qui les ont façonnées, telles les rocs du poète Eugène Guillevic : « Ils sentent le dehors, Ils savent le dehors. »
L'art de bâtir s'est toujours nourri des imaginaires, des échanges de savoir-faire, des influences de l'ailleurs et du partage des rêves. Circulation des formes, celles de l'Empire romain, de l'art gothique, du style italien dans l'Europe de la Renaissance, du goût pour les majestueuses structures métalliques issues de nos révolutions industrielles, de l'Art nouveau et de ses innovateurs… autant de marqueurs omniprésents de notre identité européenne. Des traits caractéristiques, aussi, de notre patrimoine national, des citadelles sur le modèle conçu par Vauban, par exemple, aux immeubles haussmanniens de Paris à Marseille.
Notre patrimoine, c'est aussi la circulation des corps de métier, du compagnonnage, des ingénieurs, des architectes, des artistes – le voyage, rite d'initiation pour ces derniers et thème d'inspiration inépuisable, sera d'ailleurs le thème du prochain Festival d'histoire de l'art. C'est aussi la mobilité des œuvres, qui fait l'histoire de toutes nos collections, du cabinet de curiosités aux collections de peinture, d'art oriental, d'arts premiers.
Donner à voir ces flux, c'est le défi que les Journées européennes du patrimoine ont choisi de relever pour leur 28e édition. « Voyage du patrimoine » est un défi didactique, une incitation à l'ouverture, à comprendre les branchements, à percevoir ce qui circule sous la solennité des sacralisations.
Je veux remercier très chaleureusement les nombreux partenaires publics et privés qui mettent, cette année encore, leurs convictions au service de ces Journées pour permettre l'accès de chacun au livre ouvert de nos identités communes.
Ministre de la Culture
et de la Communication

